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09.05.2007
Retour sur le rallye d’Argentine
Habituellement le rallye d’Argentine est l’un des plus attendue car très populaire mais aussi et surtout car il est très spectaculaire (passages de gués, sauts époustouflants etc), mais cette saison ce « monument » du championnat WRC a failli être un fiasco. Explications.
Dans une note précédente « IRC VS WRC » j’expliquai en quoi le WRC avait du souci à se faire avec l’apparition de ce nouveau Challenge. Voilà qu’aujourd’hui l’actualité pourrait me donner raison.
D’habitude je suis plutôt assez content de pouvoir avoir raison mais là, je ne me réjouis pas du tout au contraire.
Faire découvrir le rallye automobile est une assez bonne idée dans le fond, et l’intention des organisateurs était donc louable, mais de là à séparer deux ES d’un rallye par 700 km, nous avions de quoi être inquiets sur le bon déroulement de l’épreuve.
L’idée de départ était de faire courir une super spéciale de 2,4 km dans le stade de Buenos Aires pour que le plus grand nombre puisse découvrir le rallye. Malheureusement cette idée n’a vraiment pas été couronnée de succès, tout d’abord, car le public n’était pas au rendez vous (stade aux ¾ vide ; 15000 personnes sur les 65000 places), et enfin car cette initiative a totalement amputée l’épreuve et donc privée de spectacle les passionnés (c’est d’ailleurs peut être le meilleur public que compte le WRC car ceux sont des connaisseurs capables de s’auto discipliner pour le bon déroulement de l’épreuve).
Cet évènement n’aura eu que pour seul intérêt de mettre en lumière les contradictions des règles de ce championnat.
Alors que des équipes comme Ford représentées par Malcolm Wilson refusent de monter des parcs techniques à 2 endroits distants de moins de 100 km sur le Monte-Carlo, ils acceptent ce genre d'hérésie qui ne pouvait mener qu'à la catastrophe dès qu'un grain de sable entre dans le système. Ici, ce fut la météo.
Contraints d'annuler 7 spéciales, les organisateurs ont du également rajouter une spéciale supplémentaire ce dimanche pour que la totalité des points puissent être distribués (obligation de faire les 2/3 du parcours).
Outre des initiatives telles que celles-ci qui pointent du doigt le rallye pour le désigner comme le mauvais élève du sport auto, auxquelles il faut ajouter des enjeux de moins en moins passionnants, Loeb et Gronholm seuls en tête, Solberg dont la Subaru casse quasi systématiquement, les défections de Duval et de Galli faute de sponsors, le championnat WRC 2007 n’est vraiment pas sur la bonne voie.
Les groupes de travail chargés de l’avenir du WRC devraient cogiter sévèrement.
Le 11 mai prochain, le rallye de Turquie inaugurera la campagne européenne de l’IRC, il y a fort à parier que les observateurs seront très nombreux… !!!
Arno
11:05 Publié dans Actualité , IRC , WRC | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.05.2007
WRC vs IRC
L'IRC représente t'il une menace pour le WRC ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet petit rappel sur les réglementations techniques, championnats, voitures et environnements.
L’IRC est un challenge, le super 2000 une catégorie technique.
L’IRC (International Rally Challenge, devenu en 2007, Intercontinental Rally Challenge) est le nom d’une série organisée avec l’autorisation de la FIA dont les promoteurs sont Eurosport et sa filiale SRW Events.
Le S2000 établie par la FIA dans le but de recréer une catégorie attractive à coût raisonnable (coût maximal théorique admis : 168 000 € pour une auto) est une réglementation technique encadrant les berlines 4 roues motrices à moteur 2 litres atmosphérique.
Le WRC quant à lui désigne deux choses différentes.
Les championnats du monde des rallyes FIA pilotes et Constructeurs (World Rally Championship) mais aussi la réglementation technique régissant les World Rally Cars (voitures 4 roues motrice et à moteur 2 litres turbo) qui s’affrontent entre autre dans le championnat WRC.
Depuis une dizaine d’années, les interdictions ainsi que les formalités d’entrée se sont multipliées entraînant des phénomènes tels que, la prohibition des WRC (voitures) dans les championnats régionaux, l’obligation pour un constructeur de s’engager en championnat WRC pour pouvoir homologuer ses autos, et l’augmentation déraisonnable des droits d’inscription.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles jusqu’à ce que la conjonction de la crise économique (moins de moyens pour les constructeurs) et de la multiplication des épreuves révèle les points faibles de ce système.
Cette artificialité du système est d’autant plus mise en exergue puisque dans le même temps les coûts de production et d’exploitation des World Rally Cars ont explosés (700 000 € environ).
Envoyer des autos de ce prix à 200 Km/h dans les arbres est-il donc bien raisonnable ?
Poser cette question c’est indirectement y répondre… !
Certains me répondrons que ce phénomène existe dans le sport auto en général, en F1 par exemple, mais gardons nous bien de faire l’amalgame.
En effet s’engager en F1 c’est s’assurer des retombées médiatiques chiffrables alors qu’en rallye… !
Voilà pour ce qui est du préambule.
Mais alors, sur quels points le WRC risque t’il de se faire tailler des croupières par l’IRC ?
Tout simplement sur la réglementation technique mais aussi sur le calendrier.
La réglementation S2000 n’est pas toute neuve, en effet, elle existe déjà depuis 3 ans, mais les constructeurs ont été très frileux, et ont mis quelques temps avant de mordre à l’hameçon.
Aujourd’hui, on y est, Peugeot, Fiat, VW, Toyota et bientôt Skoda en S2000, cela fait aussi sérieux sinon plus que le plateau WRC qui s’étiole peu à peu (Citroën, Ford, Subaru et bientôt Suzuki).
Pour l’instant il n’est pas du tout question de remplacer une catégorie par l’autre, mais le WRC à plutôt intérêt à bien gérer son évolution s’il veut rester la catégorie reine en rallye.
Preuve en est Ford (horizon 2008) et Citroën (2010) s’intéressent à la question tout en affirmant qu’il ne s’agit que d’étudier la possibilité d’offrir un produit à la clientèle privée.
C’est sans doute vrai, mais une brèche existe.
Contrairement aux WRC l’homologation d’une S2000 n’est pas liée à la décision d’une marque de s’engager pleinement dans un championnat et encore moins dans une compétition aussi onéreuse qu’un championnat du monde Constructeurs se déroulant en 16 rallyes.
VW et Toyota le prouvent, une homologation peut être obtenu sans que cette décision de s’engager dans ce sport pèse lourd sur la stratégie et sur les finances d’un groupe.
En période de crise, c’est capital. Pour preuve, la politique de Peugeot Sport qui fait tout pour que ses filiales s’investissent en IRC.
Au départ l'IRC crée au printemps 2006 connut un démarage très prudent avec un calendrier ne comportant que 4 épreuves.
Pour 2007, les ambitions sont toutes autres avec 9 manches au programme et pas n'importe lesquelles...!
Des rallyes très prestigieux, le Safari Rally, le Sanremo, Ypres et Madère par exemple.
Les promoteurs ne cachent d'ailleurs pas qu'ils profitent de l'entrée en lice du Super 2000 (qui devient la catégorie vedette de la série), mais aussi des espaces délaissés par le WRC pour renouer avec la philosophie de la discipline.
La façon de fonctionner de l'IRC est très différente du WRC. Les organisateurs gardent une grande autonomie dans le montage des épreuves et il suffit à un équipage de figurer au départ d'une épreuve pour automatiquement faire partie de l'IRC. Il n'y a pas de nombre minimal ou maximal de participations. Seuls les 7 meilleurs résultats sont comptabilisés pour établir le classement général.
Seul bémol, l'obligation des marques de signer un accord commercial avec Eurosport pour que les points soient comptabilisés.
Autre avantage, Eurosport étant aux commandes, les retombées télévisées sont garanties.
Pour vous en convaincre allez visionner cette vidéo : http://www.eurosport.fr/rallye/mcplayervideo_vid36269.shtml diffusée sur www.eurosport.fr
"Au programme" pour la TV, 3 retransmissions quotidiennes de 15 minutes, une synthèse de la journée diffusée en soirée. En outre, les images seront très facilement accèssibles aux chaînes généralistes si l'on en croît les dires des responsables.
Voilà qui change du discours tenu au sujet du WRC.
Au sein de la FIA certains hommes éloigné ou évincés du WRC ne voient pas d'un mauvais oeil le développement d'une série concurente.
Bien sûr l'IRC ne deviendra pas LE championnat en un jour, mais les responsables du WRC auront désormais fort à faire. Le risque est par contre pour ce qui est des WRC (voitures). Si le coût de ces autos ne devient pas rapidemùent plus raisonnable et si de nouveaux constructeurs ne s'engagent pas dans ce championnat, la FIA pourrait prendre la décision radicale de supprimer les World Rally Cars en faisant du S2000 la nouvelle catégorie reine du WRC (championnat). Idée d'autant plus plosible que Maw Mosley avait déjà posé la question aux constructeurs en Octobre 2004 (alors qu'aucune S2000 n'était assez aboutie pour pouvoir rouler).
Aujourd'hui la situation a changée !!! J'en veux pour preuve l'engagement de Citroën à rejoindre les bancs de l'IRC, le 24 avril 2007. Celà porte le nombre de constructeurs à 4. Affaire à suivre donc...!
12:10 Publié dans IRC , WRC | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


